© Dossiersmarine2 - Copyright 2005-201 - Alain Clouet - contact : www.dossiersmarine@free.fr
La flotte de Napoléon III - Documents
Histoire L’artllerie de marine dans la guerre de 1870 par Remy Sherer
Nous présentons ici un article sur le rôle méconnu de l’artillerie de marine dans la guerre de 1870. Il détaille la situation géographique de toutes les  batteries de marine utilisées à terre. Il  a été rédigé par Remy Scherer, collaborateur du site BASART.  (http://basart.artillerie.asso.fr/rubrique.php3?id_rubrique=281) .

L’armée de campagne impériale

Pour l’artillerie de campagne en aout 1870, la Marine mobilise 3 batteries : 11° (de 4), 12° (de 4) et 13° (mitrailleuses) initialement prévues pour la Division Bleue d’infanterie de Marine (3° Division du 12° corps d’armée). Elles furent ensuite affectées à la réserve d’artillerie du 12° corps.

L’artillerie de Marine pendant le siège de Paris

Le 9 août, général de Montauban (ou comte de Palikao) est nommé ministre de la Guerre. Il demande au ministère de la Marine des renforts en artillerie. Le ministre de la Marine prescrit, le 12 août, aux divers ports de guerre, d'expédier à Metz et à Strasbourg 100 pièces de 16 centimètres et 28 de 19 centimètres avec leur armement et un approvisionnement de 250 projectiles pour chacune d’elles. Le 31 août, le général Frébault, directeur de l’artillerie au Ministère de la Marine, ordonne un nouvel envoi de 100 pièces de 16, avec la même quantité de munitions. En outre, 20 pièces de campagne et de montagne sont aussi expédiées par divers arsenaux de la marine. Strasbourg et Metz étant investis avant d'avoir reçu les canons, le général Frébault ordonne l’envoi de ces pièces à Paris. Le regroupement de ces pièces permet un renforcement significatif des défenses parisiennes. Seulement 17 pièces de 16 ne peuvent pas rejoindre Paris avant l’investissement. La Marine va fournir et servir plus de 210 pièces : 1 canon de 24 centimètres «La Valérie», issu du polygone de tir de Vincennes et transféré au fort du Mont Valérien ; 28 canons de 19 centimètres ; 183 canons de 16 centimètres.     "la Valérie" dans sa situation actuelle au Mont Valérien Six forts sur les quinze de la première ceinture parisienne : Romainville, Noisy, Rosny, Ivry, Bicêtre, Montrouge et les deux batteries de Saint-Ouen et de Montmartre, sont confiés exclusivement à la Marine. Les forts du Mont Valérien et de Nogent n’en reçoivent que des détachements. Cela permet de libérer des artilleurs pour le service des batteries de campagne. Les forts “de la Marine”  forment deux commandements supérieurs : Commandement supérieur des forts de l’Est : Romainville, Noisy et Rosny, composent la première subdivision sous les ordres du contre- amiral Saisset, dont le quartier général est installé au fort de Noisy ; Commandement supérieur des forts du Sud : Ivry, Bicêtre et Montrouge, composent la deuxième subdivision sous les ordres du contre- amiral Pothuau, dont le quartier général est installé au fort de Bicêtre. En vue de l'expédition sur les côtes de la Baltique, 4 batteries à pied du régiment d'artillerie de marine sont transformées en batteries montées vers la fin de juillet. Disponibles à Lorient, ces unités (11°, 12°, 13°, 15° batteries) sont appelées à Paris le 9 août. En même temps, 1 300 artilleurs, armant huit batteries à pied (1°, 2°, 16°, 17°, 18°, 19°, 23° et 27°), sont aussi appelés à Paris. Les batteries montées sont affectées à la réserve du 12° corps d’armée de l’armée de Chalons. Les 11°, 12° et 13° batteries sont capturées à Sedan. La 15° batterie (de 12), qui n'a pas pu rejoindre à temps le 12° corps, rétrograde de Mézières sur Paris avec le 13° corps, auquel elle reste affectée. Les batteries à pied arrivent à Paris à la fin d'août et au début septembre. Elles sont aussitôt affectées dans les forts ou sur l'enceinte. Courant septembre, cinq nouvelles unités à pied de la marine sont créées à Paris au moyen des ressources que fournissent les évadés de Sedan, les anciens militaires et les engagés volontaires. Ces batteries, 1° bis, 2° bis, 11° bis, 13° bis et 15° bis sont affectées aux forts et aux secteurs. Grâce à des attelages fournis par le train d'artillerie, les 11° et 12° batteries montées sont reconstituées. Les 1° et 2° à pied sont transformées en batteries montées, ce qui donne quatre nouvelles batteries de campagne. Pour la garnison de Paris, le régiment fournit en définitive 1 900 artilleurs pour le service de 16 batteries dont 5 montées :     1° batterie montée (de 4, Révillon) : défense mobile puis 1° division (Malroy) du 1° corps d’armée de la 2° armée     1° bis batterie à pied (Méry) : 4° secteur (bastion 40) et Mont Valérien     2° batterie montée (de 4, Bernard) : défense mobile puis puis 1° division (Malroy) du 1° corps d’armée de la 2° armée     2° bis batterie à pied (Horr) : fort de Rosny, 4° secteur (bastion 44), 7° secteur     11° batterie montée (reconstituée après la bataille de Sedan) : défense mobile puis  réserve 2° armée (de 12, Geoffroy)     11° bis batterie à pied : fort d’Aubervilliers, fort de l’Est     12° batterie montée (reconstituée après la bataille de Sedan, mitrailleuses, Chaule) : défense mobile puis 1° division (Malroy) du 1° corps d’armée de la 2° armée     13° bis batterie à pied (Beauvais) : fort de la Briche     15° batterie montée (de 12, Caris) : 13° corps d’armée puis réserve 1° corps de la 2° armée de Paris     15° bis batterie à pied (Vailhen) : fort de la Briche, fort de l’Est     16° batterie à pied (Chapotin) : fort d’Aubervilliers, fort de Montrouge     17° batterie à pied : détachements aux forts de Vanves, de Montrouge, de Bicêtre, 4° secteur     18° batterie à pied (Deshayes) : fort de Noisy, détachements aux 4° et 6° secteurs     19° batterie à pied (Simon) : fort d’Aubervilliers, fort de Vanves     23° batterie à pied (Brinster) : fort de la double Couronne     27° batterie à pied (Vaillant) : spécialisée pour le service des mortiers. Cette batterie est répartie dans les six forts gérés par la Marine.  Il faut rajouter le 11° bataillon de la Marine (commandant Krantz) provenent du Louis XIV, vaisseau école des canonniers de la Marine. Cette unité est composée de 8 compagnies de matelots canonniers regroupant 722 hommes. Chaque fort géré par le Marine reçoit 1 compagnie, ceux de Rosny et d’Ivry en reçoivent 2 pour le service des pièces. D’autre part, la flottille de la Seine est armée avec 560 marins et 33 pièces d’artillerie. Pour le service de l’artillerie, la Marine fournit environ 3 200 artilleurs.

Armée du Nord

A l'Armée du Nord, deux batteries montées participent aux divers combats de la campagne (Villers-Bretonneux, Achiet-le-Grand, Bapaume, Saint- Quentin).              1° batterie mixte (de 12) de la Marine : lieutenant de vaisseau Rolland (réserve d’armée).              2° batterie mixte (de 12) de la Marine : lieutenant de vaisseau Gaigneau d’Etioles (réserve d’armée). batterie d'artllerie de marine

Armée de la Loire et armée de l’Est

Les batteries affectées aux armées de la Loire et de l’Est participent aux affaires de Chilleurs aux Bois, Villepion, Bellême, puis aux combats sur l'Huisnes et enfin de Sillé-le Guillaume. En cette dernière affaire, une section de la 32° batterie du capitaine Dupan sauve le 21° Corps d'un désastre imminent en couvrant sa retraite à travers le bourg. Elle disperse l'infanterie ennemie et réduit au silence une batterie prussienne par un feu continu de près de 400 coups de canon. De son côté, elle n'a qu'un seul blessé, grâce aux habiles dispositions prises par son capitaine, qui, après la bataille, est promu chef d'escadron par le général Chanzy.  L'artillerie de Marine fournit cinq batteries (dont trois de montagne) à l'Armée de l'Est et onze à celle de la Loire. Il convient de faire une mention particulière du détachement spécial du Capitaine Javouhey qui reçoit la mission d'opérer la destruction des voies ferrées de l'est utilisées par les Allemands. En particulier, ce détachement attaque de nuit, le 8 décembre 1870, un parc ennemi à Chateauvillain. Le 25 décembre, avec l'aide de sapeurs de génie et de vingt francs-tireurs, il fait dérailler près d'Orge un train de troupes allemandes, soumettant ensuite celles-ci pendant plus de vingt minutes à un tir, qui, exécuté à courte distance, est très meurtrier.     1° batterie (de 4 de montagne) de la Marine : sous-lieutenant Degniau (1° division du 19° corps)     2° batterie de montagne de la Marine : sous-lieutenant Cuzenier (réserve d’artillerie de la seconde armée de la Loire)     3° batterie de montagne de la Marine : sous-lieutenant Martin (réserve d’artillerie de la seconde armée de la Loire)     4° batterie (4 de montagne) de la Marine : sous-lieutenant Roussel (2° division du 19° corps)     5° batterie (de 4 de montagne) de la Marine : capitaine Bouffan (3° division du 19° corps)     16° bis batterie mixte (de 8) de la Marine : capitaine Vial (réserve d’artillerie du 19° corps)     21° batterie (de 4) de la Marine (réserve artillerie du 21° corps)     21° batterie bis (de 4) de la Marine : capitaine Hugot (réserve artillerie du 21° corps)     22° batterie mixte (de 8) de la Marine : capitaine Viviès (réserve d’artillerie du 19°corps)     25° batterie mixte de Marine (de 4) : capitaine Choblet (1° division du 21° corps d’armée)     25° bis batterie (de 4)  de Marine : capitaine Drevet (1° division du 21° corps d’armée)     25° ter batterie (de 4) de Marine : capitaine Fournier (1° division du 21° corps d’armée)     29° et 30° batteries de Marine (calibre 8) commandée par le chef d’escadron Chaillon (batterie Bourdiaux et batterie Choffel) : réserve d’artillerie du 15° corps d’armée. La 29° batterie est dissoute le 11 décembre 1870.     32° batterie mixte (de 8) d’artillerie de Marine : capitaine Dupan (réserve du 17° corps)     33° batterie mixte (de 8) d’artillerie de Marine : capitaine Bourdeaux (réserve du 17° corps) Pour la 4° division du 21° corps (armée de la Loire)     Une batterie (de 4) de montagne de la Marine (capitaine d'Osteja)     Une batterie et demie (huit pièces de 4 de montagne) de la Marine (capitaine Normand)     Une batterie et demie de mitrailleuses (10 pièces Gatling) servies par des marins (enseigne de vaisseau De Laforte)     Une batterie (de 8) de la Marine en renfort Division de cavalerie du 19° corps d’armée du général de division Abdelal     2 batteries de 4 de la Marine (identification non trouvée)

Défense d’Orléans (décembre 1870)

La défense d’Orléans est renforcée en décembre 1870 par un groupement de 8 batteries commandée par le capitaine de vaisseau Ribourt. Pour l’enceinte : 6 batteries (pièces de 14 en fonte et obusiers de 30) : capitaine de Frégate Cosmao-Dumanoir :     1° batterie Saint Jean (8 pièces): lieutenant de vaisseau Tabareau     2° batterie des Acacias (8 pièces et 2 obusiers de 30) : lieutenant de vaisseau Bellot     3° batterie du Mont Bédé (8 pièces) : lieutenant de vaisseau Carrey     4° batterie du champ Chardon (6 pièces et 2 obusiers de 30) : enseigne Pillot     5° batterie de la Madeleine (6 pièces) : lieutenant de vaisseau Devot     6° batterie de Saint Loup (4 pièces) : enseigne Roquebert canonniers-marins du fort de Vanves en jnavier 1871 Pour les positions avancées :     Batterie de Chevilly (8 pièces de 14) : lieutenant de vaisseau Gambar     Batterie de Gidy (8 pièces de 14) : lieutenant de vaisseau Billard Corps divers     Le Havre : 2 batteries de position de la Marine (capitaine Libert)     Corps d’armée du Havre : 31° batterie montée (de 12) : capitaine Croisier     Corps d’armée du Havre : 31° bis batterie à pied (de 4) : sous-lieutenant d’Herbier     Brest : 28° batterie de Marine : capitaine De Pellerin-Latouche Liste des batteries     1° batterie (de 4 de montagne) de la Marine : sous-lieutenant Degniau (1° division du 19° corps)     2° batterie de montagne de la Marine : sous-lieutenant Cuzenier (réserve d’artillerie de la seconde armée de la Loire)     3° batterie de montagne de la Marine : sous-lieutenant Martin (réserve d’artillerie de la seconde armée de la Loire)     4° batterie (4 de montagne) de la Marine : sous-lieutenant Roussel (2° division du 19° corps)     5° batterie (de 4 de montagne) de la Marine : capitaine Bouffan (3° division du 19° corps)     1° batterie mixte (de 12) de la Marine : lieutenant de vaisseau Rolland (réserve de l’armée du Nord).     2° batterie mixte (de 12) de la Marine : lieutenant de vaisseau Gaigneau d’Etioles (réserve de l’armée du Nord).     1° batterie montée (de 4, Révillon) : défense mobile puis 1° division (Malroy) du 1° corps d’armée de la 2° armée de Paris     1° bis batterie à pied (Méry) : 4° secteur (bastion 40) et Mont Valérien (défense de Paris)     2° batterie montée (de 4, Bernard) : défense mobile puis puis 1° division (Malroy) du 1° corps d’armée de la 2° armée de Paris     2° bis batterie à pied (Horr) : fort de Rosny, 4° secteur (bastion 44), 7° secteur (défense de Paris)     11° batterie montée (reconstituée après la bataille de Sedan) : défense mobile puis  réserve 2° armée de Paris (de 12, Geoffroy)     11° bis batterie à pied : fort d’Aubervilliers, fort de l’Est (défense de Paris)     12° batterie montée (reconstituée après la bataille de Sedan, mitrailleuses, Chaule) : défense mobile puis 1° division (Malroy) du 1° corps d’armée de la 2° armée de Paris     13° bis batterie à pied (Beauvais) : fort de la Briche (défense de Paris)     14° bis batterie à pied : affectation non définie     15° batterie montée (de 12, Caris) : 13° corps d’armée puis réserve 1° corps de la 2° armée de Paris     15° bis batterie à pied (Vailhen) : fort de la Briche, fort de l’Est (défense de Paris)     16° batterie à pied (Chapotin) : fort d’Aubervilliers, fort de Montrouge (défense de Paris)     16° bis batterie mixte (de 8) de la Marine : capitaine Vial (réserve d’artillerie du 19° corps)     17° batterie à pied : détachements aux forts de Vanves, de Montrouge, de Bicêtre, 4° secteur (défense de Paris)     18° batterie à pied (Deshays) : fort de Noisy, détachements aux 4° et 6° secteurs (défense de Paris)     19° batterie à pied (Simon) : fort d’Aubervilliers, fort de Vanves (défense de Paris)     21° batterie (de 4) de la Marine (réserve artillerie du 21° corps)     21° batterie bis (de 4) de la Marine : capitaine Hugot (réserve artillerie du 21° corps)     22° batterie mixte (de 8) de la Marine : capitaine Viviès (réserve d’artillerie du 19°corps)     23° batterie à pied (Brinster) : fort de la double Couronne (défense de Paris)     25° batterie mixte de Marine (de 4) : capitaine Choblet (1° division du 21° corps d’armée)     25° bis batterie (de 4)  de Marine : capitaine Drevet (1° division du 21° corps d’armée)     25° ter batterie (de 4) de Marine : capitaine Fournier (1° division du 21° corps d’armée)     27° batterie à pied (Vaillant) : spécialisée pour le service des mortiers. Cette batterie est répartie dans les six forts gérés par la Marine de la défense de Paris.     28° batterie de Marine : capitaine De Pellerin-Latouche (défense de Brest)     29° et 30° batteries de Marine (calibre 8) commandée par le chef d’escadron Chaillon (batterie Bourdiaux et batterie Choffel) : réserve d’artillerie du 15° corps d’armée. La 29° batterie est dissoute le 11 décembre 1870.     31° batterie montée (de 12) : capitaine Croisier (corps d’armée du Havre)     31° bis batterie à pied (de 4) : sous-lieutenant d’Herbier (corps d’armée du Havre)     32° batterie mixte (de 8) d’artillerie de Marine : capitaine Dupan (réserve du 17° corps)     33° batterie mixte (de 8) d’artillerie de Marine : capitaine Bourdeaux (réserve du 17° corps)     34° batterie mixte (de 8) de la Marine formée avec 18° compagnie du 2° régiment du train d’artillerie (réserve d’artillerie du 18° corps)     35° batterie mixte (de 8) de la Marine formée avec 18° compagnie bis  du 2° régiment du train d’artillerie (réserve d’artillerie du 18° corps) Pour la 4° division du 21° corps (armée de la Loire)              Une batterie (de 4) de montagne de la Marine (capitaine d'Osteja)              Une batterie et demie (huit pièces de 4 de montagne) de la Marine (capitaine Normand)              Une batterie et demie de mitrailleuses (10 pièces Gatling) servies par des marins (enseigne de vaisseau De Laforte)              Une batterie (de 8) de la Marine en renfort Division de cavalerie du 19° corps d’armée : 2 batteries de 4 de la Marine (identification non trouvée) Epilogue Cet effort est sans doute ce qui a fait dire au général Suzanne dans son "Histoire de l'artillerie française" : "L'artillerie de marine est une ressource précieuse pour les moments difficiles et que l'on doit se réjouir de posséder comme réserve et appoint". Il tient garnison à Lorient et il est commandé par le colonel Ollivier.  Rémy SCHERER